La fin d’un combat

Ça a commencé par un sérieux pincement au cœur à l’élection de Jean Charest en 2003. Et par la réingénérie de l’État contre laquelle j’ai manifesté un certain premier mai il y a plusieurs années. Ça s’est nourri lors de la grève étudiante de 2005. Et c’est devenu un urgent besoin d’agir à partir du mois de mars dernier, avec cette hausse des droits de scolarité injuste à laquelle le gouvernement Charest s’accrochait obstinément.

Ça s’est accentué au printemps avec une manifestation historique pour le bien commun, un concept qui avait perdu tout son sens durant l’ère Charest. Et ça s’est concrétisé devant un gouvernement usé à la recherche de stratégie électorale. Un gouvernement arrogant complètement déconnecté de sa jeunesse. Un gouvernement fatigué en panne d’avenir.

Ça s’est traduit par un engagement politique au sein du Parti Québécois. Par confiance. Par conviction. Et par certitude que c’était le seul parti à pouvoir mettre fin aux politiques conservatrices, aux politiques de division, aux politiques de copinage du gouvernement Charest. Par certitude qu’il était encore possible de rêver. Qu’il était temps de reprendre confiance en nous et en notre avenir collectif.

Puis c’est arrivé. Le Parti Québécois a pris le pouvoir. Dès le premier conseil des ministres hier, la hausse de 82% a été annulée. Et aujourd’hui, la loi 12 sera abrogée. Avec au passage un moratoire complet et permanent sur le gaz de schiste et la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-II.

C’est maintenant un gouvernement d’action, d’audace et de changement qui est en place. Un gouvernement qui respecte ses engagements. Un gouvernement à l’écoute de ses citoyens. Un gouvernement qui va prendre soin de son monde et de son territoire. Un gouvernement d’avenir.

On se réjouissait mercredi de voir trois environnementalistes prendre les rênes des ministères de l’Environnement et des Ressources naturelles. C’était une première. Mais tout comme c’est généralement un médecin qui est affecté à la Santé ou un avocat qui s’occupe de la Justice, pourquoi n’avions-nous pas pensé avant à nommer un environnementaliste à l’Environnement? Peut-être parce que la volonté n’était pas vraiment d’agir pour l’environnement et le bien commun. Mais ce sera enfin possible.

Nous y voilà donc. Un rendez-vous longtemps espéré. La reprise de contrôle de notre destin. L’avenir en marche. Et je déborde de confiance. Ça fait du bien.

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Sur les vieux partis et le bipartisme

On entend beaucoup parler ces temps-ci de «vieux partis» et de bipartisme. Il faudrait absolument mettre fin à cette alternance, que l’on dit sans fin. À tout prix! Quitte à élire un parti sans aucune expérience… Mais pour quelles raisons exactement? Dans cette perspective bipolaire, on oppose le Parti libéral du Québec au Parti Québécois. Or, certaines considérations s’imposent dans cette vision simpliste.

D’abord, le Parti libéral du Québec existe depuis 1867. On peut à juste titre le qualifier de «vieux». Le Parti Québécois, quant à lui, a été créé en 1968. Historiquement parlant, c’est un parti plutôt jeune… C’est aussi le parti qui, en quatre mandats, a le plus contribué à faire avancer le Québec grâce à ses idées fraîches. Des exemples? La loi 101, la SAAQ, les MRC, le BAPE, la CSST, la Commission des normes du travail, la Régie du logement, les CPE, les Carrefours jeunesse emploi, les CLD, la Paix des Braves, et j’en passe des tonnes!

Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le Parti Québécois est un parti démocratique. C’est donc un parti en constant renouvellement. Les idées viennent de la base, des militants, et donc des citoyens. Et tout le monde peut y faire une différence. Par conséquent, c’est un parti qui reste près du peuple et de ses revendications. C’est un parti près des travailleurs, des familles, des gens comme vous et moi. Et c’est surtout un parti de convictions, qui se bat pour les intérêts supérieurs du Québec, et non pour des intérêts personnels. Quand tu aspires à faire un pays, tu bâtis solide!

C’est aussi pour cette raison que je ne crois pas qu’on favorise une simple alternance de partis en élisant le Parti Québécois. Avec le bouillonnement d’idées qui lui est propre, le débat constant, le parti avance à grands pas. Après neuf années d’opposition, c’est à un nouveau parti que nous avons affaire, un nouveau programme, une nouvelle chef, une nouvelle conjoncture. Un parti 100% 2012, 100% tourné vers l’avenir! Pourquoi pensez-vous que les Léo Bureau-Blouin, Pierre Duchesne, Daniel Breton, Réjean Hébert ont décidé de s’y joindre? Parce que c’est un parti profondément ouvert et progressiste qui peut changer les choses!

L’expérience est un atout majeur pour le Parti Québécois. Pauline Marois est en politique depuis plus de 30 ans. Elle a touché à différents ministères. Elle a négocié des ententes constitutionnelles avec Ottawa, notamment lors de la création des commissions scolaires linguistiques. Elle connaît les rouages. Dès le premier jour d’un mandat, elle saura exactement où diriger les forces du parti pour réaliser le programme, par ailleurs très ambitieux. Et elle sera à la tête d’une solide équipe, composée de représentants de tous âges et de tous horizons. L’espoir, il est là!

Les neuf dernières années de gouvernement libéral nous ont mené au cynisme. On en est venu à ne plus croire en la chose politique, à ne plus croire aux promesses, à ne plus croire en la possibilité de changer les choses. Jean Charest a réussi à nous convaincre de nouveau qu’on était nés pour un petit pain, qu’on n’avait pas les moyens de nos ambitions. Il a érigé le copinage et la corruption en système d’État. Et il l’a fait avec un tel mépris, une telle arrogance, jusqu’au point où tout le monde a perdu confiance en nos possibilités.

Il faut aussi se rappeler que dans le système actuel, seul le Parti Québécois a la possibilité de remplacer le gouvernement de Jean Charest. Et que si le Parti Québécois est élu, le système pourra enfin changer. Ce qui n’est pas au programme, les citoyens pourront le proposer grâce aux référendums d’initiative populaire. On est tellement habitués au contraire qu’on a oublié que c’était possible, un gouvernement à l’écoute de ses citoyens! Mais ce l’est! Et il est à portée de vote!

Vivement des élections à date fixe!

Ça fait des mois que le premier ministre joue avec nos nerfs. Lui seul a le pouvoir de déclencher ces élections tant attendues et tant réclamées. Et on dirait même qu’il s’en délecte, qu’il fait rouler le piton entre ses doigts pour faire durer le plaisir… Mais non! Il calcule, il évalue, il sonde et il manœuvre en attendant le bon moment… ou en créant le bon moment?

À la fin de la session parlementaire en juin, Stéphane Bédard, leader parlementaire du Parti Québécois, dévoilait une diapositive présentée aux députés et stratèges du Parti libéral établissant clairement la stratégie électorale de Jean Charest sous la forme d’une «ballot question» : l’économie et le Plan Nord avec le PLQ de Jean Charest, ou les référendums et la rue avec le PQ de Pauline Marois.

Le premier ministre aurait donc laissé volontairement traîner le conflit étudiant à des fins purement électoralistes. Avoir des manifestants dans la rue, de préférence exaspérés pour faire monter un peu la tension, est devenu essentiel. Sans quoi la stratégie tomberait… Et la publicité négative sortie début juillet par le Parti libéral pour dénigrer Pauline Marois qui frappe sur des casseroles vient le confirmer.

Combien de fonds publics investis dans cette campagne préélectorale, incluant les coûts engendrés par le conflit étudiant? Combien de dollars engagés dans des publicités non comptabilisées par le Directeur général des élections puisque la campagne n’est pas encore déclenchée officiellement?

Depuis janvier, nous n’avons plus de premier ministre au Québec. C’est maintenant le chef du Parti libéral qui préside aux affaires publiques, écorchant un peu plus au passage la perception des institutions, déjà bien mal en point si l’on en juge par le cynisme ambiant. Ce ne sont plus les intérêts supérieurs du Québec qui comptent maintenant, mais la réélection de Jean Charest.

Il semblerait même que les vacances des Québécois ne soient plus importantes, puisqu’on apprend aujourd’hui que le premier ministre aura sans doute le front de déclencher une campagne électorale en pleines vacances de la construction, dès le 1er août, alors que l’intérêt de la population sera à son plus bas. Pas parce qu’on veut tous des élections au plus vite, non! Parce que des citoyens et des journalistes qui manquent la moitié de la campagne électorale, ça fait l’affaire du PLQ…

Ainsi, pour éviter ce jeu de stratégies tout à fait nuisible à la démocratie car il favorise la réélection du parti au pouvoir, il est essentiel de se doter d’élections à date fixe, ce à quoi s’oppose fermement le Parti libéral du Québec. Nous sommes pourtant la seule province avec l’Alberta à ne pas avoir légiféré en ce sens. Une telle mesure, combinée à la limitation à deux mandats pour le premier ministre comme proposé par le Parti Québécois, contribuerait sans aucun doute à assainir les mœurs politiques et à réduire l’électoralisme de la gouvernance.

Les institutions ont été bien malmenées au Québec depuis 9 ans. Corruption, collusion, copinage, baillons à répétition, manipulation de l’information à des fins partisanes et — nous le voyons maintenant — électoralistes, judiciarisation inutile d’un conflit amenant la population à désobéir aux lois, et j’en passe! Le cynisme atteint des sommets, les citoyens se sentent dépourvus, mais il faut garder confiance! Un autre Québec est à portée de main!

De l’importance du social en société

J’écoutais l’autre jour Éric Duhaime débattre à la première chaîne. Il était question de redistribution de la richesse. Selon lui, la motivation première de l’humain étant de s’enrichir personnellement, on gagnerait en tant que société à laisser les individus faire la course de l’enrichissement individuel, ce qui donnerait lieu à une plus grande richesse collective – une hypothèse qui reste à prouver. Il soutenait qu’il préférait que l’écart entre riches et pauvres soit plus grand pour obtenir une richesse collective plus élevée. Éric Duhaime défend une idée libertarienne de la société, qui rejette massivement l’intervention de l’État dans l’économie, et donc la redistribution des revenus.

Or, ce que les tenants du tout-économique évacuent trop souvent, c’est l’aspect social de la vie en société. Au quotidien, nous interagissons avec une foule d’inconnus. Pour que la confiance prenne le dessus sur la méfiance, certaines conditions sont nécessaires. Et le bien-être minimal de chacun en est une, sinon la plus importante.

Je reviens d’un séjour à New York, qui m’a permis de réfléchir sur ce climat de confiance et de sécurité qui règne au Québec. Une sécurité toute naturelle qui n’a pas besoin d’armes pour exister. Une sécurité qui s’installe quand tout le monde a à boire et à manger, quand tout le monde a un toit sur la tête. Quand personne n’a à voler pour survivre. Quand personne n’est assez désespéré pour tenter l’irréparable. Quand l’envie n’est pas nourrie par la faim et le ressentiment. Quand on partage. Parce que le filet social existe. Et parce que les riches sont un peu moins riches pour que les pauvres soient un peu moins pauvres.

Un exemple anodin : dans une station-service de Staten Island, banlieue de Manhattan aux airs tranquilles. Je demande de l’aide à la pompe au caissier, bien en sécurité derrière la fenêtre de plastique qui nous sépare. Il sort dehors pour m’aider, mais prend soin de barrer la porte du commerce derrière lui. De petits riens qui illustrent pourtant bien le climat de peur qui peut régner quand les pauvres sont trop pauvres et que les vols se multiplient en conséquence.

Il y a bien sûr des pauvres au Québec, mais il pourrait y en avoir encore moins. Ou pas du tout, même. C’est une utopie, mais c’est aussi une vision, une direction à prendre. Collectivement. Pour garder cette douce atmosphère qui flotte sur le Québec. Ces sourires que l’on échange. Cette confiance que l’on partage. L’esprit d’entraide, l’esprit de famille. Au quotidien, la vie est tellement plus légère. Plus conviviale. Plus sociale. Plus agréable.

Parce qu’en s’en remettant totalement à l’économie, à la lutte individuelle pour l’enrichissement personnel, on fait peut-être appel à une profonde motivation humaine, mais on fait aussi appel à l’instinct animal, à l’instinct de survie. Et quand sa survie est menacée, on est prêt à beaucoup. On est prêt à tout. Oh oui, on performe, on se dépasse, mais dans l’urgence de survivre, au détriment des autres. C’est la loi du plus fort. Avec les résultats qu’on peut imaginer.

Avant de prêter foi au tout-économique – de grâce – rappelons-nous que nous vivons en société et qu’il ne faut jamais évacuer l’aspect social qui en fait un bon bout pour nous distinguer de l’animal. Souvenons-nous aussi que s’il fait si bon vivre au Québec, on le doit beaucoup à la Révolution tranquille et aux programmes sociaux mis en place au fil de longues années de travail collectif. Ne faisons pas l’erreur de tourner le dos à de si précieux acquis. C’est l’esprit même du Québec qui en dépend.

Le temps d’embarquer

Lundi soir, bar Le Caucus, Lachute. Rassemblement électoral du Parti Québécois. Décompte des boîtes de scrutin, une à une. L’espoir est grand. Le comté d’Argenteuil appartient aux libéraux depuis 1966. Jamais le PQ n’est arrivé à y faire élire un député. Mais l’insatisfaction vis-à-vis du gouvernement Charest est immense. Et c’est le temps de le lui faire savoir. Roland Richer se hisse en première place. C’est une explosion de joie qui accueille chaque nouveau résultat. Et c’est la jubilation quand le PQ scelle enfin la victoire avec 501 voix d’avance, à la 180e boîte.

J’y étais. Ça sentait la coupe, c’était soir de finale en plus, l’ambiance était brûlante et suante, la chaleur collective a vite pris le dessus sur la clim, et la politique est vite devenue plus passionnante que le hockey. Ça sentait la fierté à plein nez, ça brillait dans les yeux, ça klaxonnait dans les rues. Jusqu’aux petites heures du matin. On en oubliait qu’on était lundi et qu’on travaillait le lendemain. Les plus vieux disaient que c’était comme la victoire du PQ en 1976. Moi, je me l’imaginais comme un mince aperçu de la nuit de liesse qui pourrait suivre la victoire du OUI à un référendum. C’était soir d’histoire et de fierté.

Oui, je travaille au PQ. Mais je n’écris pas ceci parce que je travaille au PQ. Je travaille au PQ parce que je pense ceci. Vraiment. Sincèrement. Et c’est le cas de tous ceux que j’ai rencontré ici jusqu’à maintenant. Des gens de convictions. Des gens fiers. Des gens qui portent une idée plus grande qu’eux. L’idée d’un pays. Dans un parti porteur d’histoire et d’espoir. Un parti fait d’hiers et de demains. Un parti rassembleur.

Oui, ça brasse souvent au PQ. Et ça bouillonne sur la place publique. Mais c’est le cœur même du parti, un parti de débats, un vrai parti démocratique. Pas de loi du silence, mais de la transparence. De la vérité. Et des idées. Qui brassent. Mais qui font avancer.

Hier, ça sentait la Saint-Jean avant le temps. Ça sentait l’été après le printemps. Ça sentait l’avenir à espérer. Le pays à concrétiser. Ça sentait le temps d’embarquer.

Ces enfants qu’on dit rois

Ceux qui se sentent impuissants devant la rage de cette jeunesse qui déferle à grands coups de créativité, de pacifisme et de joie de vivre, mais qui refuse obstinément de se taire, n’ont qu’une explication: ce sont des enfants rois. On leur a toujours tout donné tout cuit dans le bec et ils sont incapables d’essuyer un refus. Pourtant, ils sont le pur produit d’une évolution sociale qui se révélera sans doute salutaire pour l’avenir du Québec.

On a investi en eux une énergie dont aucune génération antérieure n’avait bénéficiée. On les a aimés comme des fous et on le leur a montré. On les a surprotégé, leur a mis un casque de vélo sur la tête et des coussinets partout, on n’en avait qu’un ou deux, on a tout parié sur eux.

Eh bien maintenant, on voit le résultat de cette éducation. Comme le disait ce père, par ailleurs entrepreneur bien établi, «nous les avons mieux élevés que nous le croyons et aujourd’hui, ils sont porteurs d’un changement qui est plus que nécessaire.»

On dit d’eux qu’ils veulent tout et tout de suite. Moi, je crois qu’ils sont gonflés à bloc d’amour parental, qu’ils jouissent de ce fait d’une confiance en eux inébranlable, qu’ils ont appris à négocier et à argumenter, qu’ils veulent comprendre avant d’accepter. Et que c’est peut-être là la clé. C’est peut-être ce qu’il fallait pour réussir là où les jeunesses précédentes ont échoué.

Leur en vouloir de se tenir debout, de ne pas baisser les bras, c’est comme de leur dire qu’ils doivent faire comme nous, prendre leur trou et endurer, parce que nous avons échoué et qu’eux n’ont pas le droit de réussir. De leur dire que ce n’est pas si grave si une élite établie continue de brader en douce nos ressources au service de ses propres intérêts et de sa descendance à elle. Qu’on devrait juste être contents d’avoir encore de quoi manger malgré toutes ces dettes qui nous écrasent. Qu’on devrait continuer de se fermer les yeux parce que si on les ouvrait bien grands, ce serait peut-être un peu trop déprimant.

Or, ce qu’on devrait plutôt faire, c’est de les soûler d’encouragements comme on l’a fait au hockey ou au patin tous les samedis matin. Se rappeler comme on était fier d’eux. Et comme on l’est encore.

Parce que grâce à eux, grâce à nous, il est enfin possible d’espérer des lendemains meilleurs, où l’entraide, la justice sociale et le partage de la richesse deviendraient réalité, où la démocratie reprendrait ses droits, et où le bien commun serait réellement au centre de toute décision politique.

En fait, moi, c’est plutôt quand je regarde la vidéo de Sagard que je me demande qui sont ceux qui se prennent vraiment pour des rois…

Le sens des casseroles

Ça y est. Avec sa loi spéciale, le gouvernement Charest est allé juste un peu trop loin. Il avait l’appui d’une partie appréciable de la population, mais il a fait une gaffe monumentale : toucher aux droits fondamentaux de l’ensemble des citoyens pour s’attaquer à un problème circonscrit qu’il n’a pas su gérer. Ou qu’il n’a pas voulu régler.

En laissant pourrir la crise à son avantage, il a fait surgir des frustrations parfois bien loin enfouies, là où elles ne se seraient peut-être jamais réveillées. Une telle crise n’aurait pu naître avec aux commandes un gouvernement responsable.

Mais dans son arrogance, dans son mépris de la parole citoyenne, dans sa volonté de vouloir réduire la démocratie à un vote aux quatre ans, voilà ce que notre premier ministre a mis au grand jour :

— un gouvernement corrompu en fin de règne, prêt à tout pour se refaire une virginité électorale et faire oublier tous ses scandales;

— un gouvernement idéologique et conservateur, qui tente d’imposer le principe d’utilisateur-payeur à un peuple qui croit en la social-démocratie;

— un gouvernement manipulateur qui tente de nous faire croire que nous n’avons pas les moyens de nos ambitions sociales;

— un gouvernement à la solde des intérêts financiers et désireux de respecter la «capacité de payer» des minières et des banques, mais pas celle de ses citoyens;

— un gouvernement qui liquide nos ressources sans exiger de juste part, notre juste part;

— un gouvernement qui ne comprend pas ce qui se passe dans la rue parce qu’il ne s’est jamais abaissé à s’y rendre;

— un gouvernement qui ne fait pas grand-chose pour défendre le Québec face à la machine Harper, pourtant aux antipodes de nos valeurs;

— un gouvernement qui ne représente plus ses citoyens, mais les intérêts de ses amis et des membres de son parti.

Je pourrais continuer encore longtemps… Je vous invite par ailleurs à ajouter dans la section commentaires vos propres récriminations contre ce gouvernement qui ne nous gouverne plus.

La saison touristique s’en vient et les casseroles ne semblent pas vouloir se taire. La contestation reçoit des appuis du monde entier : France, États-Unis, Chili. Le ras-le-bol est mondial. L’hiver avait mis le couvercle sur la casserole des indignés, mais le printemps leur a fait prendre racine et se multiplier.

Monsieur Charest, vous aurez peut-être un seul mérite dans toute cette histoire :vous aurez su canaliser la rage de chacun des simples travailleurs que nous sommes en un mouvement citoyen qui nous permettra enfin, qui sait, de faire tout un saut vers l’avant, alors qu’on avançait à pas de tortue – quand on ne reculait pas – dans la lenteur et l’individualité de notre quotidien douillet. Et cela, je vous en remercie.