Au royaume des méduses

À l’Aquarium du Québec samedi dernier, j’aurais pu rester des heures dans la salle des méduses à regarder ces êtres dangereux mais ô combien élégants faire leur danse vaporeuse dans le silence absolu. Hypnotisant.

À l'Aquarium du Québec

Souvenirs, souvenirs : à Port-Daniel, en Gaspésie, quelque part au début des années 2000… Il ne fait pas très beau, un peu froid, on marche le long de la côte et des rochers, et qu’est-ce qu’on ne voit pas : de la couleur tout plein dans l’eau. Le détecteur de plongée sonne : il doit y avoir du beau stock à voir exactement ICI!

On retourne au chalet ramasser le nécessaire d’apnée et nous revoilà au lieu dit, prêts à se mettre le nez dans cette fameuse Baie-des-chaleurs, qui n’a de chaude que le nom. L’ami a un wetsuit, le chanceux. Moi? Hmmm, un bikini, heureusement pas trop mini, mais tout de même. On saute d’un coup, donc, histoire de ne pas changer d’idée en chemin. Mais — oh! ah! iiiiiish! — impossible de rester plus de deux secondes, c’est la panique, cette eau est GLACIALE!

Bon, je ressors, ce sera pour une autre fois. Mon ami, les mains gelées, poursuit l’exploration. « Whoa! Annick, faut absolument que tu viennes voir ça, y’a des méduses! » Ah, torture! Je ne peux quand même pas y retourner! « Come on, c’est trop fou, viens voir ça! » Baon.

Ça fait que je prends mon courage à deux mains, je me ferme les yeux, je me concentre bien fort et je resaute… Brrrrrrrr. C’est freeeeeeeeeeette! Pas de panique, concentration. Bon, sont où les méduses, là? « Viens voir ici. »

Wooooow! Il y en avait des dizaines, et pas des toutes petites, mauves dans l’immensité bleue du grand vide sous nos pieds. Ça tombait creux, et pas à peu près. Encore cette lente danse qui vous hypnotise à un point tel que vous pouvez oublier que vous trempez dans un bain à 4 °C, que sous vos pieds le fond de l’océan est bien loin et que, tiens tiens, vous nagez parmi des bêtes qui peuvent vous paralyser en quelques secondes si elles décident de simplement vous effleurer.

Dix minutes, que j’ai passées dans cette transe extraordinaire, jusqu’à ce que mes nouvelles amies décident de faire demi-cercle autour de moi et de pousser leur mouvement dans ma direction toutes en même temps, me faisant soudainement réaliser le vide dans lequel je flottais. Ouais, c’était ben l’fun les filles, mais je pense que je vais rentrer moi, là. Heureusement qu’il y avait un passage libre derrière moi…

C’est donc en hypothermie totale que je suis ressortie de l’eau, grelottant ma vie durant une dizaine de minutes, dents claquantes et tout le tralala. Mais ça valait tellement la peine!

À la liste de projets de vie, donc, prendre des cours de vraie plongée et faire connaître ce plaisir incroyable à mes tout-petits quand ils seront plus grands. Et, surtout, m’acheter un wetsuit!

La galère

Sortir avec deux enfants, c’est souvent la galère. Mais lorsqu’on part à l’aventure en plus, ce l’est doublement! Malheureusement pour moi, je ne suis vraiment pas du type Funtropolis ou Cache-à-l’eau, où le divertissement est encadré et prémâché. Oh non! Trop facile! Quand je pars avec eux, ça ressemble plutôt à ça :

À la Big Fish

L’aventure, façon Big Fish!

La mission de la dernière escapade en date : retourner au ruisseau de mon enfance pour se mettre les deux pieds dedans, à la recherche de petites créatures vivantes!

« Au village, tu tournes à gauche. Après, c’est à droite au premier rang que tu rencontres, puis à droite encore. Un demi-kilomètre plus loin, tu vas voir un petit pont. Tu te stationnes là et tu piques dans le bois à ta gauche. Tu vas tomber dessus. »

C’est donc avec ces indications très précises en poche et mes deux mousses de 3 et 6 ans que nous avons pris la route. Trop facile! On s’est rendus du premier coup.

Sur place, on se rend compte qu’il y a pas mal d’herbes de toutes sortes dans le fameux bois. Hmmm, ça, ça ressemble à de l’herbe à puce (je n’ai jamais réussi à savoir c’était quoi exactement, à part que ça avait trois feuilles…). Bon, je prends les sacs sur mes épaules, les deux petits dans mes bras et je descends le fossé qui nous sépare du bois, puis du ruisseau. Pas de trouble, je suis tough!

Arrivés sur place, je constate avec plaisir que ça n’a pas changé d’un poil. Un peu plus de boue que dans mon souvenir, mais bah!, ce n’est pas grave. On enlève nos souliers, nos bas, et nus pieds dans le ruisseau! On se promène, on scrute, on lève des roches au hasard.

Écrevisses, salamandres, bien heureuse de voir que l’écosystème se porte à merveille et ne semble pas avoir souffert des années qui ont passé, au plus grand bonheur de mes tout-petits!

Salamandre

Bien sûr, toute aventure comporte son lot de mésaventures! Après avoir glissé sur une roche et être tombée les deux fesses dans l’eau, la plus grande — et plus aventurière — a glissé sur une autre roche pour se retrouver en pleine face dans le ruisseau, très offusquée de la situation. Heureusement, on était sur le point de partir. Enlève les vêtements et hop! dans les bras de maman.

On est donc ressortis du bois comme on y était entrés, les vêtements en moins pour elle. Mais la tête remplie de vrais beaux souvenirs, loin des tunnels de balles en plastique de Brossard.

Prochaine étape : le voyage en famille, avec rien d’inclus pantoute. Je vous tiens au courant!