Le sens des casseroles

Ça y est. Avec sa loi spéciale, le gouvernement Charest est allé juste un peu trop loin. Il avait l’appui d’une partie appréciable de la population, mais il a fait une gaffe monumentale : toucher aux droits fondamentaux de l’ensemble des citoyens pour s’attaquer à un problème circonscrit qu’il n’a pas su gérer. Ou qu’il n’a pas voulu régler.

En laissant pourrir la crise à son avantage, il a fait surgir des frustrations parfois bien loin enfouies, là où elles ne se seraient peut-être jamais réveillées. Une telle crise n’aurait pu naître avec aux commandes un gouvernement responsable.

Mais dans son arrogance, dans son mépris de la parole citoyenne, dans sa volonté de vouloir réduire la démocratie à un vote aux quatre ans, voilà ce que notre premier ministre a mis au grand jour :

— un gouvernement corrompu en fin de règne, prêt à tout pour se refaire une virginité électorale et faire oublier tous ses scandales;

— un gouvernement idéologique et conservateur, qui tente d’imposer le principe d’utilisateur-payeur à un peuple qui croit en la social-démocratie;

— un gouvernement manipulateur qui tente de nous faire croire que nous n’avons pas les moyens de nos ambitions sociales;

— un gouvernement à la solde des intérêts financiers et désireux de respecter la «capacité de payer» des minières et des banques, mais pas celle de ses citoyens;

— un gouvernement qui liquide nos ressources sans exiger de juste part, notre juste part;

— un gouvernement qui ne comprend pas ce qui se passe dans la rue parce qu’il ne s’est jamais abaissé à s’y rendre;

— un gouvernement qui ne fait pas grand-chose pour défendre le Québec face à la machine Harper, pourtant aux antipodes de nos valeurs;

— un gouvernement qui ne représente plus ses citoyens, mais les intérêts de ses amis et des membres de son parti.

Je pourrais continuer encore longtemps… Je vous invite par ailleurs à ajouter dans la section commentaires vos propres récriminations contre ce gouvernement qui ne nous gouverne plus.

La saison touristique s’en vient et les casseroles ne semblent pas vouloir se taire. La contestation reçoit des appuis du monde entier : France, États-Unis, Chili. Le ras-le-bol est mondial. L’hiver avait mis le couvercle sur la casserole des indignés, mais le printemps leur a fait prendre racine et se multiplier.

Monsieur Charest, vous aurez peut-être un seul mérite dans toute cette histoire :vous aurez su canaliser la rage de chacun des simples travailleurs que nous sommes en un mouvement citoyen qui nous permettra enfin, qui sait, de faire tout un saut vers l’avant, alors qu’on avançait à pas de tortue – quand on ne reculait pas – dans la lenteur et l’individualité de notre quotidien douillet. Et cela, je vous en remercie.

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